A l’heure actuelle, le plastique fait couler beaucoup d’encre. Les images de déchets plastiques dans les océans ont non seulement créé un raz de marée médiatique mais également généré une forte pression des consommateurs à l’égard du secteur agroalimentaire. L’idée n’est pas de rejeter ce constat ni de minimiser les conséquences de ces déchets sauvages sur l’environnement mais d’analyser les chiffres et les mécanismes qui conduisent à retrouver ces déchets dans les océans.

 

Citons deux chiffres repris dans National Geographic : 91 % des plastiques ne sont pas recyclés et les emballages représentent 40 % de la consommation de plastique. Est-ce que ce constat sonne la fin de l’utilisation du plastique dans l’agroalimentaire ? Probablement pas. Le plastique reste nécessaire et, il peut être aussi considéré comme un contributeur positif aux efforts environnementaux. Le plastique est incontournable pour assurer la conservation des aliments et contribue dès lors à réduire le gaspillage alimentaire.

 

Des études s’appuyant sur ACV montrent par exemple que le plastique a globalement un impact moindre que le verre. Toutefois, des mesures sont nécessaires pour réduire significativement son impact.

 

La fin des plastiques à usage unique en 2021

Après l’interdiction des sacs plastiques à usage unique, d’autres mesures ont été prises par La Commission Européenne. Nous constatons que certaines entreprises sont mal informées. La plupart semble effectivement bien informée de l’interdiction des couverts et assiettes en plastique largement utilisés pour les take away. Mais, peu sont conscientes qu’il faut comprendre que TOUS les plastiques, y compris les plastiques « biodégradables », « biosourcés », sont visés dans le cadre de ces mesures. L’objectif de la Commission étant de réduire « l’usage unique » dans un esprit Reduce, Reuse, Recycle.

 

Plus de plastique dans le sac bleu

Le nouveau sac bleu, déjà en vigueur sur certains territoires en Belgique, participe à cet effort : il contribuera à l’augmentation des taux de récupération et de recyclage. La Belgique devrait passer d’un taux de recyclage de 39% à 64% (Source Fost+).

 

Evidemment, le plastique collecté, même s’il n’est pas toujours recyclable, ne peut se retrouver dans les océans. Il doit alors être, au minimum, valorisé sous forme énergétique.

 

Grâce à ces opportunités de récupération via le sac bleu, la perception du plastique par les consommateurs belges pourrait être améliorée. Pour autant, l’industrie devra poursuivre ses efforts de réduction et de recyclabilité.

 

sacbleu

 

Quelles tendances et quelles solutions pour l’industrie ?

La recyclabilité s’améliore généralement par l’utilisation de mono-matériaux. La solution consistant à utiliser moins de plastique en ayant recours à des cartons plastifiés semble donc être une « fausse bonne » idée. Elle permet certainement d’atténuer le rejet du consommateur, de réduire la masse de matière plastique mais elle conduit presque inévitablement à un déchet non recyclable.

 

Lors de l’édition EMPACK 2019, de nombreux emballages alliant carton et pastique ont été présentés. On peut dès lors se demander pourquoi vouloir garder du plastique, même en quantité minimale ?

 

La réponse est simple : le plastique assure une bonne conservation du produit et évite des contaminations microbiologiques. La rigidité de l’emballage et la communication envers le consommateur sont assurées par une structure en carton. Les deux matériaux doivent être facilement séparables pour un recyclage spécifique. L’efficience de cette solution réside donc dans la facilité à séparer complètement le carton du plastique. Le consommateur doit alors adhérer à cette démarche.

 

Il reste à considérer la possibilité de recycler ou non le film et de challenger les plastiques traditionnels, biodégradables ou bio sourcés en fonction de critères factuels que sont les ACV.

 

Conclusion

Le plastique ne risque pas de disparaître de nos linéaires mais des mesures concrètes peuvent être prises pour le faire disparaître des océans. L’entreprise doit prendre en considérations trois axes d’action : Reduce, Reuse, Recycle.

 

L’industriel est donc à la croisée des chemins. La direction à suivre devrait être guidée par des critères objectifs tels que les ACV et soutenues par une communication rationnelle envers les consommateurs alors qu’on observe plus souvent l’inverse.

 

Wagralim peut rediriger toute entreprise intéressée à rechercher des partenaires capables de l’épauler dans l’écoconception de ses produits et procédés et dans la communication de ses choix responsables.

 

Afin de vous guider au mieux dans le choix de vos emballages du futur, nous vous proposons de compléter ce questionnaire à destination des entreprises utilisatrices d’emballages alimentaires et attentives à leur impact environnemental (durée : max 10 min) et de nous le renvoyer complété à l'adresse marion.potier@wagralim.be pour le 20 décembre au plus tard !

 

L’objectif principal de cette enquête est de recenser les besoins de chacun d’entre vous et ainsi d’identifier les bases communes pour pouvoir proposer des actions concrètes ciblées à notre réseau d’entreprises.

 

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Sources

https://www.nationalgeographic.fr/environnement/91-des-dechets-plastiques-ne-sont-pas-recycles

Analyse de cycle de vie

http://www.natura-sciences.com/environnement/quel-emballage-choisir.html

https://www.lalibre.be/planete/le-plastique-a-usage-unique-est-desormais-interdit

https://www.fostplus.be/fr/des-2019-fost-plus-elargit-la-collecte-de-pmc