L’Organisation Internationale de Standardisation, l’ISO, a adopté la norme ISO 19657 qui définit des critères techniques pour considérer ‘naturel’ un ingrédient alimentaire.

 

Ces critères permettent aux fournisseurs d’ingrédients alimentaires de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses de leurs clients, soucieux de satisfaire la demande croissante des consommateurs pour une alimentation naturelle.

 

Dominique Taeymans, qui a présidé les travaux qui ont conduit à cette norme, répond à nos questions.

 

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? 

 

Ingénieur chimiste de formation, je me suis orienté vers la technologie et le

génie alimentaire pour commencer, après une carrière académique, une carrière d’expert en réglementation alimentaire il y a déjà presque 30 ans.

 

Cette activité m’a permis de travailler pour FoodDrinkEurope, l’association faîtière de l'industrie alimentaire européenne mais aussi pour Nestlé.

 

Il y a 3 ans, j’ai créé mon entreprise de consultance en réglementation alimentaire et conseille plusieurs entreprises, y compris des start-ups, dans leur processus d’innovation.

 

En quoi consiste cette norme ? Dans quel contexte a-t-elle été créée ?

 

La Spécification Technique ISO TS 19657 initiée en 2013 et adoptée en 2017 vise à définir des critères techniques permettant de considérer un ingrédient alimentaire comme naturel.

 

Ces critères techniques sont précisés dans la norme: Quelle source utiliser pour fabriquer l'ingrédient ? Quel procédé de fabrication ? L’objectif de la norme est de fournir un outil aux opérateurs économiques dans leurs relations B2B.

 

 

Quelle a été votre implication dans l’élaboration de la norme ISO 19657 ?

 

En 2013, je travaillais dans le département réglementaire de la maison-mère de Nestlé. Il avait été décidé de déterminer si ISO pouvait développer une norme avec vocation d’harmonisation internationale fixant des critères techniques justifiant l’utilisation d’allégations destinées aux consommateurs comme "naturel".

 

Au nom de Nestlé, j’ai donc déposé le projet de norme auprès de l’Association Suisse de Normalisation qui l’a soumis à l’ISO, les discussions internationales pouvant alors commencer en 2014.

 

En fin de parcours, j’ai présidé le WG18 en charge du projet et le conduire à finaliser la norme en février 2017.

 

Comment a-t-elle été accueillie par les entreprises du secteur agroalimentaire ? Et par les consommateurs ?

 

La norme est clairement destinée à faciliter les relations entre fournisseurs et utilisateurs d’ingrédients alimentaires, une relation B2B donc.

 

Il semble que celle-ci fonctionne : certains producteurs d’ingrédients ont fait certifié leurs ingrédients.

 

Sur cette base, il est donc possible aux producteurs de produits à destination des consommateurs d’utiliser ces certificats, ce qui facilite leur processus interne de vérification de leur étiquetage.

 

La norme n’est dont pas directement destinée aux consommateurs mais assure que les informations de l’étiquetage soient basées sur une base commune.

 

 

Pouvez-vous déjà nous dévoiler quelques informations sur les futures normes à venir ?

 

Rien à dévoiler mais en effet, une nouvelle discussion ISO vient d'être entamée (la première réunion a eu lieu en février, la deuxième est prévue en mai) pour définir des critères techniques relatifs à l’utilisation des allégations "végétarien" et "végétalien/végan". J’ai l’honneur de présider le WG23 qui est chargé de finaliser la norme ISO 23662.

 

Après avoir parcouru cette interview, vous souhaitez en savoir plus sur cette norme ?

 

Sachez que Dominique Taeymans sera présent le 12 septembre lors de notre event annuel le Food Connections ! Il présentera un séminaire ayant pour thème : Quels critères appliquer pour justifier que mon ingrédient alimentaire est "naturel" ?  

 

Participez à notre event annuel