Selon un rapport technique émanant de la Commission européenne, la Belgique a le triste privilège d’être le deuxième État-membre à générer le plus de coproduits alimentaires avec 4.192.000 kilos par an.¹ Une situation particulière qui s'explique par le fait que la Belgique est un gros producteur de produits agroalimentaires, flux auquel s'ajoutent les coproduits alimentaires issus du secteur HORECA, des cantines et du catering.

 

 

La gestion des déchets industriels en Wallonie

 

Selon la SPW-DGO3, le taux de valorisation des déchets industriels (DI) est estimé à 92 % sur la période 1995 - 2013. On remarque des variations selon les sous-secteurs générateurs de DI. En effet, près de ¾ des déchets valorisés ont été traités par les domaines de la métallurgie, des minéraux non métalliques et de l’alimentaire.

 

Le Plan wallon des déchets-ressources prévoit notamment de fixer un cadre juridique pour accorder le statut de produit à des déchets qui peuvent être utilisés comme ressources et comme matières premières dans l’industrie, d’augmenter le tri des emballages industriels et d’interdire la mise en centre d’enfouissement technique (CET) des DI pouvant être valorisés énergétiquement.

 

L’industrie alimentaire est le secteur le plus générateur de déchets de Wallonie avec l’industrie du travail du bois. Dans le cadre de l’industrie alimentaire, on parle plutôt de « coproduits » que de déchets. L’importance de ces volumes est liée à la matière première travaillée dont une grande part n’est a priori pas utilisable pour la production de produits alimentaires. En 2013, ce volume était d’environ 1 395 kilotonnes soit 29% du volume total estimé pour l’industrie wallonne. La plus grande partie des coproduits alimentaires est utilisée pour l’alimentation du bétail (55%) et épandue sur les champs (18%).1

 

Néanmoins, le secteur alimentaire n’est pas un grand producteur de coproduits dangereux (2% du volume du secteur en 2013). La majorité des coproduits dangereux générés par l’industrie alimentaire est composée de déchets animaux et de coproduits alimentaires en mélange (72%). Le reste des coproduits dangereux est composé d’huiles usagées (10%), de déchets chimiques (10%) et de déchets provenant des soins médicaux ou vétérinaires et déchets biologiques (7%).

 

La majorité des 1 395 kilotonnes de coproduits générés par l’industrie alimentaire wallonne sont des coproduits végétaux issus de la production. Ils constituent les restes de la matière première. Un cas très représentatif à cet égard est celui de la betterave sucrière qui contient de l’ordre de 17% de matière pour la production de sucre et dont les 83% restant sont des coproduits.

 

La majorité des coproduits générés par le secteur provient de deux branches d’activités² :

 

  • la transformation de légumes et de fruits (43%) ;
  • les autres industries alimentaires (34%) dont 95% proviennent de l’industrie de la transformation de la betterave et de la chicorée. Il faut savoir que, chaque année, ces coproduits (pulpes, écumes, radicelles, mélasses et vinasses) sont valorisés à 99,8% comme aliment pour le bétail, comme "matière première secondaire" dans d’autres productions alimentaires ou comme amendement du sol.

 

Ces deux activités travaillent des matières premières végétales dont une part non négligeable n’est pas destinée à l’alimentation humaine. Il en est de même, quoique dans des proportions moindres, pour l’industrie de la viande et des poissons.

 

Bien que la gestion des coproduits dépende d’un secteur à l’autre, la plupart des entreprises mettent en place des actions de traitements telles que :

 

  • le recyclage interne
  • le recours à de nouvelles technologies
  • le remplacement de produits dangereux par des produits moins nocifs
  • des actions d’optimisation pour réduire la production de coproduits.
  • des démarches liées aux emballages (Plan de prévention proposé par Fevia)3

 

Quelles possibilités de valorisation pour les coproduits alimentaires ?

 

Actuellement, les valorisations des coproduits sous forme d’engrais organiques et vers l’alimentation animale restent les principales pistes de valorisation en Wallonie. On retrouve ensuite les valorisations énergétiques telles que la biométhanisation et la biomasse. Enfin, de plus en plus de pistes de valorisation vers des applications à plus grande valeur ajoutée sont approchées. Pour mener à bien ce type de projets, il est important pour l’entreprise de trouver des partenariats adéquats, notamment, en passant par le réseau des pôles de compétitivité Wagralim (valorisation agro-alimentaire) ou Greenwin (valorisation chimique ou énergétique).

 

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Pour plus d’informations, contactez Fredericq Peigneux

 

 

  • Compostage

Cette valorisation implique la production d’engrais organique à partir d’écumes et de déchets compostés. Les pôles Wagralim et Greenwin peuvent vous mettre en contact avec des entreprises intéressées par vos coproduits. Par exemple, Pur Ver est spécialiste dans le lombricompostage, une production d’amendement très concentré par des vers de terre. Pour se fournir, Pur Ver rachète des matières d’origine végétale (épluchures, coproduits de l’industrie de la pomme de terre, marc de thé et café, drèches de brasserie, pulpes de betteraves et chicorée, etc.).

 

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Pour plus d’informations, contactez Alexandre Meire

 

 

 

 

  • Alimentation animale

 

Les pulpes de betterave, le lactosérum, les coproduits de brasserie, les tourteaux végétaux, les déchets de légumes ou de fruits, mais également les issues de culture, telles que les pailles de céréales ou les légumineuses, les spathes de maïs, les retraits ou les écarts de tri de fruits et de légumes peuvent être transformés en alimentation animale.

 

Le coproduit doit présenter des qualités et des atouts nutritionnels susceptibles de concurrencer ceux des fourrages et des concentrés classiquement utilisés en rationnement pour les bovins, les équins, les porcins et les ovins.

 

  • Valorisations énergétiques

 

Capable de se renouveler dans un laps de temps relativement court, la biomasse représente un potentiel infini. Le principe est simple : les coproduits alimentaires sont transformés en énergie via la cogénération, la production de chaleur, d’électricité, d’énergie motrice, etc.

 

La biométhanisation, quant à elle, permet de produire du biogaz.

 

 

  • Valorisations à haute valeur ajoutée

 

Ces valorisations sont considérées comme les plus rentables. La plupart en sont encore au stade de tests en laboratoires et nécessitent un investissement plus conséquent que les valorisations susmentionnées. On retrouve notamment des procédés physico-chimiques impliquant la fragmentation de la matière. Plus d’informations sur ces valorisations vous seront partagées ultérieurement.

 

De nombreuses solutions existent dans le cadre de la valorisation des coproduits agroalimentaires industriels. Les interlocuteurs ne manquent pas, avec des possibilités de subsides, des associations de producteurs (pour mutualiser une unité de biométhanisation, par exemple), etc. La recherche académique en Wallonie se penche de manière active sur le sujet.

 

Wagralim offre de services capables de vous apporter des réponses en matière :

 

  • d’aides existant en Région wallonne
  • de réalisations de tests en laboratoires
  • de projets R&D avec, notamment, la création de filières pour la valorisation de coproduits dans le secteur agroalimentaire

 

A l’échelle fédérale, Tom Quintelier de chez Fevia vous conseillera pour les aspects juridiques et légaux.

 

 

Nouveau call-to-action

 

¹ http://ec.europa.eu/environment/eussd/pdf/bio_foodwaste_report.pdf 
² SPW - DGO3 - DEMNA - DEE, 2017. Rapport sur l'état de l'environnement wallon 2017 (REEW 2017).
SPW Éditions: Jambes, Belgique. En ligne. http://etat.environnement.wallonie.be 
3 http://www.factorx.eu/uploads/common/file/FEVIA2030_Livrables/FEVIA_Neutralit%C3%A9Livret4_DECHETS.pdf