La demande mondiale en protéines d’origine végétale ne cesse d'augmenter. Les raisons sont multiples: croissance démographique, développement de nouvelles tendances alimentaires, etc. Quelles sont les pistes de réflexion pour la Wallonie ?

 

A ce jour, on estime que la demande mondiale en protéines d’origine végétale s’élève à 170 millions de tonnes par an. Celle-ci elle est amenée à s’accroître considérablement dans les années futures. Deux raisons se conjuguent pour expliquer cette envolée au niveau mondial : la croissance démographique d’une part, et d’autre part, l’augmentation de la demande journalière par habitant en protéines (tant végétales qu’animales). De plus, le développement de la production animale à l’échelle de la planète se concentre principalement sur les espèces granivores (viandes de porc et de volaille, œufs) pour lesquelles la couverture des besoins alimentaires est principalement assurée par des céréales et des produits végétaux riches en protéines. On ajoutera également le développement de nouvelles tendances alimentaires des consommateurs qui évoluent vers plus de « naturalité », « moins ou sans viande » (végan, végétarienne, flexitarisme, alimentation saine, etc.) avec des produits riches en protéines végétales.

 

La Belgique est déficitaire en plantes riches en huile et en protéines végétales. Actuellement, les importations de soja, essentiellement, comblent ce déficit. Par conséquent, des réflexions sur le sujet voient le jour en EU pour mettre en œuvre une série de réponses adéquates, au risque de connaitre des crises dans les secteurs de l’élevage et de l’industrie agroalimentaire en Europe. En Région Wallonne, des efforts importants ont principalement été mis en place au niveau des exploitations agricoles, pour développer l’autonomie fourragère, et notamment protéique, via l’amélioration des prairies pour la production bovine.

 

A un niveau industriel, une initiative multi-acteur est en cours pour développer une filière pois protéagineux au sein de la démarche de développement durable D’Avenir mais est en attente d’un outil de financement adéquat.

A travers cet article, nous identifierons les pistes d’améliorations possibles en Wallonie et ailleurs pour les sources végétales cultivées.

 

La réaction de nos régions voisines

 

En France, des efforts importants de recherche et de développement sont consentis par le Gouvernement Français au travers de différents financements publics au sein d’un plan « Protéines végétales 2014-2020 » et via des leviers incitatifs au niveau de la PAC, Politique Agricole Commune (151 M€ dont 41 M€ pour les cultures de graines protéagineuses).

En Flandre aussi, outre un ambitieux programme de recherche publique visant l’amélioration et le développement de la culture de soja, des aides spécifiques conséquentes (600 euros/ha/an) aux cultures de pois protéagineux et de féveroles à destination de l’alimentation animale sont octroyées aux agriculteurs qui s’engagent pour une période de 5 ans (Mesures Agro Environnementales).

 

La Wallonie doit elle aussi anticiper

 

Etant donné sa situation géographique, ses conditions agro-climatiques favorables (sols très fertiles et généralement profonds, climat maritime tempéré), la Wallonie ne peut passer à côté de cette opportunité, qui peut apporter des solutions tant en termes d’alimentation humaine, qu’animale mais permettant aussi de participer à une plus grande durabilité du système agroalimentaire.

Cette augmentation de la demande en protéines végétales ouvre la porte à un bon nombre d’opportunités de développement pour des sources alternatives à celles actuellement majoritaires (blé et soja en alimentation humaine et animale) et le maïs (en alimentation animale).

 

Chez nous, les besoins en graines protéagineuses sont importants pour :

  • l’alimentation des monogastriques (filières de productions différenciées en volaille et en porc)
  • l’alimentation humaine avec notamment, la croissance de la demande pour des produits « vegan », l’évolution des consciences vers une utilisation des protéines végétales permettant un meilleur équilibre alimentaire.

De plus, on remarque que la difficulté de solubilisation des protéines végétales ainsi que leur profil gustatif et aromatique généralement moins attrayants que celui des protéines animales, limitent leur utilisation dans différents types de produits alimentaires.

 

Opportunités de développement produits

 

En Belgique et en Wallonie, les opportunités de développement de produits pourraient se faire à différents niveaux en prenant appui sur des activités de transformation existantes :

 

  • Trituration de graines pour l’extraction d’huiles
                Soja et colza
                Lin
  • Transformation du blé
               Production de bioéthanol et gluten
  • Transformation du pois protéagineux

               La production de protéines de pois a récemment doublé et plusieurs produits

               innovants tant pour le marché intérieur que pour l’exportation sont en cours de

              développement.

  • On notera également un projet de recherche financé par la DGO3 (2012-2018) sur la culture en association de froment-pois, mais aussi le financement de l’APPO au sein du Centre pilote Céréales, Oléagineux et Protéagineux (CEPICOP).

 

Le rôle de Wagralim

 

Si observer les tendances du marché est essentiel pour anticiper les produits innovants de demain, il n’est pourtant pas toujours évident pour une entreprise de s’impliquer dans des projets de recherche et de développement, faute de temps, de ressources humaines et financières.

En tant que pôle de compétitivité, expert dans son secteur, Wagralim vous met en relation avec des partenaires capables de répondre à vos besoins commerciaux et technologiques. Wagralim vous accompagne également au montage de projets collaboratifs innovants et définit des plans de formation adaptés aux besoins de l’entreprise.

 

L’action de Wagralim sur le thème des protéines végétales est multiple :

 

L’organisation de 3 groupes de travail dédiés à la valorisation et à la promotion des sources de protéines végétales ou animales existantes, qui ont permis de dégager des pistes concrètes permettant de caractériser les propriétés des sources protéiques afin d’en identifier de potentielles applications industrielles.

L’encadrement d’une réflexion autour de la mise en place d’une filière de pois protéagineux en Wallonie avec des acteurs clé dans le cadre de la Démarche D’Avenir

 

Avec le soutien de la Région wallonne, Wagralim et Alimento vous proposent très prochainement une formation technique sur les protéines végétales et la fabrication de produits texturés végétaux dits « veggie ». L’objectif de la formation est de vous apporter les éléments nécessaires pour initier vos développements en alliant l’aspect informatif avec une approche pratique grâce notamment à la présence de fournisseurs de protéines végétales.

Inscription et renseignements auprès de Tara Mc Carthy : tara.mccarthy@wagralim.be

 

Prenez contact avec le Pôle !

 

Vous désirez en savoir plus sur les possibilités d’accompagnement du Pôle sur la thématique des protéines végétales ou être mis en contact avec les bonnes personnes pour concrétiser vos projets, n’hésitez pas à prendre contact avec Sophie Bourez. 

 

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