La survie des humains dépend d’écosystèmes stables et sains. Il est urgent d’agir en 2020 afin d’assurer un avenir plus durable. En effet, le rythme d’érosion de la diversité de l’ensemble des êtres vivants, ou biodiversité, est sans précédent et ne cesse d’augmenter ; avec le risque important de répercussions non négligeables sur le système alimentaire.

 

Qu’est-ce que la biodiversité ? Quelles sont les principales causes de sa diminution ?

La biodiversité désigne la diversité du monde vivant à tous les niveaux : diversité des écosystèmes, diversité des espèces et diversité au sein d’une même espèce. On parle dès lors de biodiversité animale, végétale, aquatique, microbienne, etc.

 

Aujourd’hui, de plus en plus de voix, dans le monde scientifique et associatif notamment, s’élèvent pour alerter sur une diminution importante de la biodiversité ou des biodiversités.

 

Les vecteurs de la perte de biodiversité mis en évidence sont nombreux. On y retrouve notamment la perte ou la fragmentation d’habitats à cause d’activités humaines telles que l’aménagement du territoire pour l’urbanisation, l’exploitation des forêts, des océans, des rivières ou encore des sols, .... Le territoire de certaines espèces est réduit ce qui limite leurs possibilités de reproduction ou d’accès à la nourriture. A cela, s’ajoutent les différentes sortes de pollution et les changements climatiques qui perturbent les modes de vie et habitudes de certains vivants. Enfin, l’apparition de certaines espèces exotiques envahissante cause l’extinction de nombreuses espèces locales.

 

Il existe également de nombreuses causes indirectes de la perte de biodiversité. C’est le cas de la démographie mondiale, de la consommation par habitant, de l’innovation technologique ou encore des gouvernances qui ne tiennent pas compte des limites écologiques par exemple.

 

Quel lien entre biodiversité et alimentation ?

 

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Qui se promène sur les réseaux sociaux ou se tient un peu au courant de l’actualité a probablement déjà lu ou entendu ces constats chocs : « Selon l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, 75% de la nourriture dans le monde provient de 12 plantes (avec sur le podium le sucre, le maïs et le riz) et de 5 espèces animales (dont les vaches et le lait, le poulet et les œufs, et le porc) » ; « Nous ne consommons que 150 des 30 000 espèces de plantes comestibles » ; ou encore « Par mois, 6 races de bétails disparaissent et 30% sont en risque d’extinction ».

 

Ces slogans de sensibilisation, parfois réducteurs ou simplistes, ont avant tout pour objectif de sensibiliser largement à l’importance cruciale du lien étroit entre la biodiversité et l’alimentation.

 

En effet, la diversité des espèces animales et végétales est avant tout un facteur de résilience qui permet de limiter les risques de perturbation de l’approvisionnement et les pénuries alimentaires. La biodiversité a des effets bénéfiques indispensables au niveau de la production agricole.

 

En effet, la diversité fonctionnelle, c’est à dire la présence de groupes d’espèces fonctionnelles, fournit des services écologiques nécessaires tels que la pollinisation, le contrôle des bio-agresseurs, la fertilité des sols,… La diversité des espèces de plantes dans les cultures ou encore les prairies est également positive. Les rendements fourragers supérieurs obtenus à partir d’associations complexes de plantes peuvent par exemple augmenter la production laitière. Enfin, un pool génétique globalement plus large engendre des possibilités de cultures et de choix de bétail plus résistants aux maladies et/ou aux aléas climatiques.

 

La diversité des cultures végétales et des élevages permet également de fournir une palette d’aliments et de nutriments variés indispensables au maintien d’un bon équilibre nutritionnel.

 

Au-delà de leur contribution à un régime alimentaire équilibré, l’éventail des saveurs issus d’une large biodiversité se voit aussi augmenté. Cette diversité des saveurs peut représenter une source d’avantages concurrentiels non négligeables pour les entreprises qui savent mettre en valeur celles-ci dans la sélection de leurs matières premières et ingrédients.

 

A l’heure d’un regain d’intérêt chez les consommateurs pour l’authentique, le terroir, les recettes traditionnelles ou liées à une culture régionale spécifique, la biodiversité des variétés et des espèces associées à un territoire peut également apporter des réponses à ces attentes.

 

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Comment mon entreprise peut-elle agir pour la biodiversité ?

2020 devait mettre un coup de projecteur non négligeable sur ce qu’on qualifie souvent de « parent pauvre du développement durable » avec plusieurs rendez-vous internationaux d’importance des mondes politique et économique sur la Biodiversité (Forum sur la biodiversité mondiale de Davos, COP15 de la Biodiversité à Pekin, …).

 

Même si à nouveau des voix scientifiques s’élèvent pour alerter sur le lien entre perturbation des écosystèmes et risque de zoonose (maladies qui se transmettent de l’animal à l’homme), la pandémie de COVID-19 a déjà commencé à jeter le voile sur cet enjeu majeur de notre monde contemporain… sans pour autant l’écarter.

 

La biodiversité est de plus en plus épinglée dans les relevés de tendances agroalimentaires de 2019 et 2020. Un nouveau modèle alimentaire se construit aujourd’hui autour de valeurs de consommation de produits de saison, locaux et respectueux de la biodiversité.

 

Malgré la difficulté d’appréhender cette problématique et le manque de repères clairs en termes de normes et labels déjà existants, plusieurs entreprises ont déjà su saisir l’opportunité d’adapter leurs pratiques et de fournir des produits qui mettent en lumière leurs actions en faveur de la biodiversité et le respect des écosystèmes. Parmi les initiatives inspirantes, on retrouve :

  • La protection d’espèces faunistiques et floristiques sensibles sur ou aux abords du site de production. C’est, par exemple, le cas d’un de nos membres, Spadel, qui a placé plusieurs ruches dans la zone de protection des eaux minérales naturelles de Spa afin d’y mesurer la qualité de la biodiversité, et indirectement protéger la qualité de ses eaux.
  • La collaboration avec des associations de protection de la nature pour des actions spécifiques permettant de favoriser la biodiversité au niveau de la production des matières premières, à l’instar de la collaboration entre un autre de nos membres « les Moulins de Statte » et Natagora concernant « la farine mélodieuse ».
  • La création de cahiers des charges prenant en compte la biodiversité dans la production des matières premières, des ingrédients et des produits comme l’initiative du grand biscuitier Lu et son cahier des charges « LU'Harmony » dont notre membre Walagri est le seul producteur en Wallonie.
  • La réalisation d’un diagnostic de l’impact de ses activités en amont et en aval et monitoring de l’adaptation progressive des pratiques de l’entreprise ou de la filière dans laquelle elle est impliquée.

 

Vous souhaitez intégrer vos préoccupations sur la biodiversité et, plus largement, de développement durable ? N'hésitez pas à contacter Matthieu Van Cottom, chargé de mission « transformation alimentaire - durabilité».

 

Sources : Natagriwal, WWF, ONU, INRA

 

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